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Snatch Magazine c’est fini

A l’ère du numérique, la presse écrite est en pleine chute libre en France et de nombreux magazines que l’on adore ont du fermer boutique, on se souvient encore de Clark Magazine. Aujourd’hui, c’est encore un jour noir pour la presse française qui voit la fin d’un autre magazine de qualité dont nous étions particulièrement fan à la rédaction, Snatch Magazine. Après avoir fêté son cinquième anniversaire, la rédaction du magazine vient d’annoncer que son histoire se terminait aujourd’hui. Une nouvelle qui nous attriste énormément et c’est pourquoi nous avons une pensée toute particulière pour son équipe qu’on ne remerciera jamais assez pour ce travail effectué avec beaucoup brio et ténacité durant ces cinq dernières années. Merci d’avoir rassasié notre soif de culture à travers toutes ces pages que l’on n’oubliera pas, tout comme ces magnifiques couvertures qu’on exposera fièrement sur nos murs.

L’annonce de la rédaction:

« Snatch Magazine, c’est fini.

Après cinq ans d’histoires folles, vécues et contées, Snatch s’arrête.

En avril dernier, nous fêtions le cinquième anniversaire du magazine. C’était alors l’occasion, au détour de l’édito du numéro 32, de se fendre d’un bilan qui résonne aujourd’hui encore avec une certaine justesse. Ainsi, nous écrivions notamment :

« Sans tomber dans un discours de chouineur, on ne va pas non plus se voiler la face, la presse des années 2010 n’est pas un secteur qui offre une grande marge de manœuvre économique à ses acteurs. Comme dans beaucoup d’autres secteurs, le numérique a dynamité les usages. Par ricochet, les manières de consommer évoluent. Faut-il encore s’accrocher au print ? Basculer dans le tout Web ? Avoir une offre gratuite ? Payante ? Encore investir dans le journalisme de terrain (forcément coûteux) ?

Certains vont jusqu’à voir “une menace pour la civilisation” dans ce changement de paradigme. Les gosses n’iraient plus dans le kiosque, trop accros à leurs tablettes et leurs smartphones, limite désocialisés. Dans l’absolu, si l’on n’écoutait que les mauvaises langues, on croirait presque avoir basculé dans un monde où les lecteurs ne seraient que des demeurés juste bons à partager des tops et des articles aux titres tapageurs sur les réseaux sociaux. Honnêtement, là où certains parlent de “crise de la presse”, chez Snatch, nous préférons encore parler de “période de transition”. »

Cinq mois plus tard, notre discours n’a pas changé d’un iota, ces mots nous apparaissent plus vrais que jamais. C’est le propre des périodes de transition, certains acteurs s’effacent, laissent leur place, et c’est notre cas. On pourrait invoquer la crise de la presse, bien sûr, mais ce serait occulter les envies d’une partie de l’équipe de faire autre chose. Créer, façonner un magazine de l’intensité d’un Snatch demande une implication totale en interne. Il n’y a pas de demi-mesure possible, on est dans l’éternel recommencement, tout en devant composer en permanence avec les questions inhérentes à l’économie même du secteur.

Aujourd’hui, nous arrêtons Snatch Magazine emplis du sentiment d’avoir permis à une génération montante de plumes et de faiseurs d’images de pratiquer ce sport qu’est le journalisme, de manière noble, en explorant le monde, en allant chercher des histoires parfois belles, parfois tristes, toujours fortes.

Sans prétendre être le miroir de notre génération, nous avons le sentiment que notre appréhension du monde a été à l’image de la manière dont il avance, comme un bulldozer, en s’octroyant pour notre part le droit de tout changer dans le magazine à chaque fois que l’envie ou l’urgence s’en faisait sentir. Autrement dit, nous avons érigé la révolution permanente en ligne de conduite.

Forcément, c’est avec un ensemble de sentiments mêlés que nous vous écrivons ces mots, avec une pointe de tristesse et une once de nostalgie bien sûr, mais surtout avec fierté et avec la sensation d’être allé aussi loin dans cette aventure qu’on l’aura pu.

Si cette tranche de vie a été d’une immense richesse, ce fut bien sûr grâce aux journalistes, aux photographes, aux illustrateurs, aux secrétaires de rédaction, aux stylistes, aux directeurs artistiques, aux publicitaires et aux stagiaires qui ont fait ce magazine, mois après mois. Par ailleurs, nous avons une pensée sincère pour les fournisseurs et les partenaires qui nous ont soutenus à chaque instant pendant plus de cinq ans. Enfin, si Snatch Magazine a été ce qu’il a été, c’est avant tout grâce à vous, lecteurs. Aujourd’hui, une dernière fois, nous voulions donc vous remercier du fond du cœur pour nous avoir acheté, feuilleté, liké, cité, critiqué et aimé.

À vous tous, un immense merci !

C’était Snatch Magazine. »

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