N.A.M.E.
Music

Le N.A.M.E. Festival dans toute sa splendeur

Organisé par le crew Art Point M dont la direction artistique est assurée par la très respectée Fanny Bouyagui, le N.A.M.E. Festival a donné rendez-vous aux amateurs de techno les plus chevronnés pour sa 12ème édition. Après avoir écumé le MIN de Lomme en 2015, l’évènement tant attendu a posé ses valises au Port Fluvial d’Halluin en plein coeur de l’Eurométropole à la frontière franco-belge. Niveau logistique, deux immenses chapiteaux sont dressés là, au beau milieu des champs, prêts à accueillir chaleureusement pas moins de 15 000 festivaliers dont la seule envie est de s’abandonner au son d’une programmation polyvalente et ultra efficace. WATM s’est rendu sur place et revient aujourd’hui sur cette épopée fantastique au coeur du festival incontournable dont l’hospitalité dépasse la réputation nordiste. Accrochez vos ceintures, c’est parti !

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© Jacob Khrist


Nuit 1 | De Recondite à Laurent Garnier, un itinéraire de rêve

Il était l’un des rares lives de ce N.A.M.E. Festival, mais pas des moindres. Le bavarois Lorenz Brunner aka Recondite a encore frappé, entouré de ses machines et de son laptop. Au menu, uniquement ses productions y compris quelques unreleased qui une fois de plus ont provoqué des émules auprès de ses fans. Une techno froide et incisive où la brutalité du rythme embrasse avec passion la douceur des mélodies, tel est le combo gagnant du maître en la matière.

Alors que Recondite cède sa place, deux choix s’offrent au public : soit continuer sur cette lancée mélodique et quitter la scène 1 pour assister au live du grand Stephan Bodzin, soit rester sur place et apprécier la house énergique de l’incomparabale Seth Troxler. Ici, on fait face à un véritable choix cornélien. Pour ceux qui n’arrivent vraiment pas à se décider, une seule solution : aller manger une frite ou une pizza dans l’un des nombreux foodtrucks de l’espace chill extérieur.

Plus la nuit passe, plus le ton se durcit. Ben Klock aka le colosse du Berghain arrive en grande forme sur le devant de la scène 2. Depuis l’extérieur, les festivaliers entendent les kicks assourdissants provenant du chapiteau et sont alors comme attirés par ce rythme frénésique envoyé par un Ben Klock débordant d’énergie. Fier représentant de la scène techno berlinoise, le DJ au charisme certain laissera sa place à son collègue et ami de longue date Marcel Dettmann. Une fois n’est pas coutume, l’artiste thuringeois prend les commandes des platines à la suite de Ben Klock et donne une leçon aux milliers de festivaliers en effervescence devant lui. Sa recette ? Une techno qui galope à vive allure, en faisant un détour par la house des nineties notamment avec House-O-Matic de DJ Deeon.

Pendant que les deux comparses allemands retournent la scène 2, notre Laurent Garnier national met le feu à côté avec un set de 3h. Comme à son habitude, le papa de la techno française transporte ses fidèles, de Detroit à Chicago, des années 90 à aujourd’hui : polyvalence et éclectisme sont les maîtres mots de ce closing de folie. Laurent ne se fixe aucune limite, aucune barrière. S’il a envie de passer Maximaal, la dernière pépite de Egbert & Secret Cinema signée sur Drumcode Records, il le fait, et ce pour le plus grand bonheur des festivaliers. Révérence.

Nuit 2 | Non, la techno n’est pas une musique de mec

22h30, arrivée sur les lieux du festival. Et pour cause, il était inconcevable de louper une miette du set de Paula Temple. C’était une grande surprise en découvrant son horaire de passage précoce, la productrice étant plutôt habituée à porter le coup fatal au public en closing. Toutefois, c’est avec une énergie sans pareille que Paula chauffe une foule déjà bien présente, après avoir salué et remercié le DJ résident Matthus Raman qui la précédait aux platines. De Colonized à Gegen, la reine de la techno britannique m’assomme sous le poids de ses productions toujours aussi violentes et efficaces.

Après 1h30 de show, l’artiste laisse sa place à l’un de ses acolytes féminins, Ellen Allien, qui compte bien elle aussi massacrer chaleureusement les tympans de ses fans. Sans complexe, la jeune productrice livre un set à couper le souffle en remettant l’esprit rave au centre de la soirée. Débordante d’énergie, Ellen Allien sautille d’une platine à l’autre, le sourire aux lèvres, et embarque les festivaliers à travers un véritable voyage cosmique oscillant entre acid et techno old school. Les vocals de This Is Mutha F***** de Digital Boy (1991) mettent le public en transe, sous un chapiteau transpirant sous les pas de danse endiablés de milliers de technophiles.

Après avoir livré un set musclé, Ellen Allien passe le flambeau à Rødhåd qui de toute évidence n’est pas là pour faire semblant. Le berlinois attaque sauvagement le soundsystem dès les premières secondes de son set et me transporte ensuite dans son univers bien défini : une techno qui tabasse efficacement tout en empruntant des chemins mélodiques du plus bel effet. Le petit plus : Sun Breaker, le forthcoming track de Dustin Zahn sur la compilation Cocoon Recordings !

Vient ensuite l’heure du closing avec APM001 qui appelle ses fidèles à l’aide d’une prière musulmane en guise d’introduction : efficacité assurée pour un métissage musical plus qu’appréciable. Quoi de mieux que la fondatrice du festival et son crew pour clôturer cette 12ème édition ?

Après avoir écumé la scène 2 toute la nuit, il est grand temps d’aller jeter une oreille scène 1 au petit matin. Maceo Plex laisse sa place au duo italien Mind Against qui est là pour clôturer le festival mélodieusement. Nappes enivrantes, leads oniriques : la recette des deux comparses semblent hypnotiser avec brio un public déjà en transe. Après quelques allers-retours entre APM001 et Mind Agaisnt, il est temps de dire au revoir à cette édition réussie (encore une fois) du N.A.M.E. Festival.

Le N.A.M.E. Festival, c’était aussi : Kollektiv Turmstrasse, Mainro, Rafael Cerato, Graphset, Pixel Carré, Alex Niggemann, Frankey & Sandrino, Konvex & The Shadow, Peo Watson, Alex Smoke, Axel Boman, Âme, Loup Blaster.

BREAKING NEWS !

Le N.A.M.E. Festival revient du 3 au 5 mars dans son édition d’hiver et posera ses valises à la Condition Publique à Roubaix ! Plus d’informations bientôt, stay tuned !

Revivez le N.A.M.E. Festival en 10 tracks !

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