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Interview : Sunil Sharpe

Originaire de Dublin, Sunil Sharpe est ce que l’on peut définir comme l’un des artistes majeur de la scène techno irlandaise. Producteur et dj depuis de nombreuses années, il a su s’imposer à travers le continent européen en jouant dans de nombreux clubs comme le Bergain, Concrète, pour Boiler room à Londres et bien d’autres. Il est le fondateur du label Earwiggle, qui vient de célébrer en Mars dernier sa dixième releases dans une compilation comportant de grands noms de la techno tels que Neil Landstrumm ou encore AnD. A noter qu’il fait également parti du duo Tinfoil. Il revient en France prochainement, pour deux grosses dates sur Paris et Lyon, l’occasion pour nous de lui poser quelques questions…

Le fait de grandir dans la région de Dublin, qu’est ce que le terme Techno signifie pour toi?

Sunil Sharpe : La Techno est devenue tout pour moi et m’a mis sur le droit chemin lorsque j’en avais besoin. Au début mon seul réel contact avec la musique à Dublin n’était simplement que quelques disquaires ou endroits pour acheter des magazines de musique. Quand j’ai commencé à aller dans des clubs et dans le même temps m’initier au DJ-ing, les magasins de disques sur Dublin sont devenus très importants, bien plus que les clubs pour être honnête. Il y a eu beaucoup de gens qui ont fait de grandes choses à Dublin, et ça été agréable d’avoir vu ces nombreux changements et évolutions au fil des années, et en particulier le fait d’avoir beaucoup de bons labels. Il y a un grand attrait pour la musique techno ici, tout cela dû à une longue histoire des clubs, radios pirates et des disquaires poussant l’intérêt pour cette musique. Voici ce qu’est la profondeur de Dublin je crois. Nous sommes une petite capitale, mais la passion et le savoir ici sont aussi important que dans n’importe qu’elle grande ville.

Growing up in and around Dublin, what did Techno mean to you?

Sunil Sharpe : Techno became everything to me, and put me on the right path when I needed it. Early on, my main contact with the music in Dublin was just a few music/record shops or places to buy music magazines. As I started going to clubs and then taking up DJ-ing, record shops in Dublin became very important, more so than the clubs to be honest. There have been many people doing great things in Dublin, and it has been nice to have seen various changes and developments over the years, especially having a lot of good record labels here now. There’s a wide appreciation for techno here, through a long history of clubs, pirate radio and records shops pushing the music here. This is what gives Dublin depth I believe. We’re a small capital city but the passion and knowledge here is as strong as anywhere.

Peut-on dire que ton histoire en tant que DJ a une influence sur tes productions?

Sunil Sharpe : Difficile à dire, je pense. Récemment, mes méthodes et outils de production ont changé, je suppose que j’ai été en mesure d’intégrer plus d’éléments de mes Dj set dans mon processus créatif. Les idées viennent ensemble la plupart du temps sur l’instinct, comme dans le DJ-ing, donc être un DJ a aidé en termes de, comment je modifie les sons ou comment je programme les batteries etc. Actuellement mes Dj sets n’ont pas tellement de rapport avec mes productions étant donné que je ne joue pas beaucoup mes propres morceaux ou alors seulement pour tester les pré-release.

How does your history as a DJ influence your productions? 

Sunil Sharpe : Hard to tell I think. In recent times as my methods and tools for production have changed, I suppose I have been able to incorporate elements of my DJ-ing into the creative process more. Ideas come together mostly on instinct now, like DJ-ing, so being a dj has helped in terms of how I tweak sounds or how I program drums etc. My actual dj sets have had little relationship with my productions as I don’t really play many of my own tracks, or test them out pre-release.

Penses-tu que la musique que tu fais sonne comme la musique que tu joues?

Sunil Sharpe : Oui et non. Je ne pense pas spécifiquement à une track ou un producteur et me dit «Je vais faire pareil que ça», mais j’ai tellement de vinyles que je suppose que ma musique doit ressembler à certains d’entre eux. Parfois, je fait une track et je réalise plus tard comment certaines musiques ou producteurs ont pu me pousser dans une certaine direction, mais je pense que ça fonctionne comme quelque chose qui viendrait du subconscient. J’essais d’être à 100% moi-même. Ça ne se traduit pas toujours par les meilleurs résultats car évidemment, il y beaucoup de choses dans lesquelles je ne suis pas spécialement bon. J’essaie juste de me laisser guider et voilà.

Do you think the music you make sounds like the music you play?

Sunil Sharpe : Yes and no. I don’t think specifically of a record or producer and think «I’m going to make that», but I have so many records and I guess tracks of mine must resemble some of them. Sometimes I have made a track and later realise how certain records or producers must have pushed me in a certain direction, but I think that works as a subconscious thing. I try to be 100% myself. That does not always lead to the best results, as obviously I have lots of things I’m not so good at; I just try to let my will take me wherever and that’s it.

Décris une journée typique de travail dans ton studio:

Sunil Sharpe : Habituellement, j’arrive et j’enregistre, je fais du thé, quelques biscuits.. peut-être un peu plus d’enregistrement, d’arrangements, je refais du thé, puis je repars… Mon principal objectif de ces journées est de terminer au moins une piste à chaque visite. C’est un objectif réaliste si tu veux quelque chose qui capture un moment et atteindre le cœur de ton idée. Aussi, j’essaie de me rendre au studio seulement quand je me sens inspiré. Je veux avoir une unique et positive approche avec la musique, c’est pour cette raison que je ne veux pas perdre mon temps quand je ne suis pas dans l’ambiance, où rien ne se fait.

Describe a typical day working on a record in your studio: 

Sunil Sharpe : Usually I go in and record, make tea and have some biscuits, record more maybe, arrange, maybe have more tea, and then leave. My main aim these days is to finish at least a track in each visit. It’s a realistic goal if you want something that captures a moment and reaches the core of your idea. Also, I try to only enter the studio when I feel inspired. I want to only have a positive association with music making so for that reason I don’t like to waste days when I’m not in the mood, where nothing gets done.

Tu joues ce samedi à Paris à La Machine du Moulin Rouge, et le mois prochain à Lyon. Quels sont tes producteurs français préférés et as-tu des tracks techno françaises que t’ont influencé?

Sunil Sharpe : Tout d’abord, je suis impatient de faire ces soirées! Vraiment excité pour le Blocaus 3rd birthday et ma première fois à Lyon pour Jacob aussi. J’ai beaucoup de producteurs français préférés – Emmanuel Top, Laurent Garnier, Daft Punk etc. de la veille école, et après ça The Hacker, Terence Fixmer, Vitalic, David Carretta et ainsi de suite, ceux qui ont mis à jour la techno et l’électro au bon moment. Actuellement, mon coup de coeur est Minimum Syndicat. J’entends de nombreux éléments dans leur musique qui capture ce que j’aime le plus au sujet de l’acide / rave. J’ai beaucoup de respect pour Laurent Ho et Manu Le Malin aussi.Jj’en apprécie aussi d’autres aujourd’hui tels que Zadig, Umwelt, UVB et beaucoup d’autres. C’est une bonne période. J’ai beaucoup de tracks et de releases françaises préférées, mais je dirais que l’EP de The Hacker sur Sativae est celui sur lequel je reviens le plus. L’album de Umwelt sur Satamile est un classique électro aussi, bien qu’il n’est jamais obtenu la reconnaissance qu’il méritait.

You come to play this week in Paris at La Machine du Moulin Rouge, and next month at Lyon. Who are your favourite French producers, and have you got any French techno tracks that influenced you ?

Sunil Sharpe : First of all, I can’t wait to do these parties! Really excited for the Blocaus 3rd birthday and my first time in Lyon for Jacob too. I have many favourite French producers – Emmanuel Top, Laurent Garnier, Daft Punk etc from the old school, and after that The Hacker, Terence Fixmer, Vitalic, David Carretta and so on, who updated techno and electro in ways that were needed at the time. My favourite of recent times is Minimum Syndicat. I hear many elements in their music that captures what I love most about acid/rave. I have much respect for Laurent Ho and Manu Le Malin too. I also like others today like Zadig, Umwelt, UVB and many more. It’s a healthy time. I have many favourite French tracks and releases, but I would say The Hacker’s ep on Sativae is the one I come back to the most. Umwelt’s album on Satamile is an electro classic also, that never got the full credit it deserved.

Enfin, as-tu des prochaines sorties dont tu souhaiterais nous parler?

Sunil Sharpe : La prochaine sortie est en fait un split 12‘‘ avec Minimum Syndicat sur leur Label. Deux tracks chacun. Tinfoil 3 avec Defekt est prêt et puis beaucoup d’autres qui sont déjà faites et qui attendent d’être sorti. L’été a été productif.

Finally, have you got any upcoming releases you want to mention ? 

Sunil Sharpe : One of the next ones is actually a split 12» with Minimum Syndicat on their label. Two tracks by them, and two by me. Tinfoil 3 with DeFeKT is just ready, and then a lot of other material that is already done with release dates to be sorted. It has been a productive summer.

 

Sunil Sharpe jouera à Paris à La Machine du Moulin Rouge le 28 aout  pour le Blocaus 3rd birthday et pour les lyonnais ça se passera au Ninkasi Kao le 11 septembre prochain ! lien de l’event içi!

Merci encore à Sunil Sharpe de nous avoir accordé quelques instant! Crédit Photo ©CéciliaNd

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