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Interview : Paul Nazca

Salut Paul ! Heureux de t’accueillir parmi la communauté des mascottes ! Peux-tu te présenter en quelques mots pour nos lecteurs qui ne te connaissent pas ?

Paul : Ravi également ! En 1993, j’ai débuté l’apprentissage du mix dans ma chambre puis deux ans plus tard j’ai réalisé l’achat de mon premier synthétiseur, un Juno-106 très exactement. J’ai crée mon propre label Scandium en 2000 avec mon ami André Dalcan. S’en sont suivis de nombreuses dates mais aussi productions, co-productions, lives, remixes… En tant que réel passionné de musique, j’ai toujours privilégié une musique authentique à une mode éphémère.

Lors d’une récente interview, Maxime Dangles nous a parlé d’Antoine (NDLR, Electric Rescue) et de toi… Tu peux nous en dire plus sur votre rencontre ?

Paul : Mon label Scandium m’a permis de rencontrer des personnes exceptionnelles depuis une quinzaine d’années. Pour faire court, j’ai rencontré Antoine à l’aube de l’an 2000 car il a rapidement fait confiance à toute l’équipe du label et à notre travail. Par la suite, il nous a fait jouer dans ses soirées (Play/Elue) et quelques temps plus tard nous décidions de travailler ensemble sur le label à travers divers EP et albums.

Quant à Maxime, je l’ai rencontré en 2006, il produisait déjà sur Kompakt mais n’était pas encore vraiment connu. Notre toute première rencontre s’est faite au barlive à travers un pote qui m’avait confié que Maxime voulait me laisser une démo. Nous nous sommes donc rencontrés et après avoir écouté son CD, je me suis dit qu’il fallait absolument en faire un EP. Et c’est ce qu’on a fait ! Notamment avec son titre Plane qui fut véritable un carton sur le label ! On a commencé à jouer ensemble dans diverses soirées et une vraie amitié était née. Un beau jour, Maxime est venu chez moi et a vu mon home studio… Il a vrillé et a commencé à s’intéresser de plus près aux machines. [Rires]

Quelques mois plus tard nous produisions notre premier track ensemble sous l’alias Danzca pour enchaîner sur la création du label Sign Industry avec Florian Combe.
Nous sommes toujours très proches et Dieu sait que ce n’est pas évident de rencontrer des personnes de confiance dans ce milieu !

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Ces dernières années, la techno revient de plus en plus au goût du jour. Organisation de raves, le retour du vinyle, la popularisation de la musique électronique… Que penses-tu de tout ça ?

Paul : En toute honnêteté, je prend mes distances avec cette « popularisation ». En effet, je suis sensible a cet univers musical que j’aime énormément ainsi qu’à son histoire. Mais parfois je sens que ce milieu devient trop « paillettes » : l’image d’un artiste primant sur la qualité de ses productions, les cachets mirobolants de certains producteurs devenus hommes d’affaires… Je me sens hors de tout ça.

Une chose est sûre : la musique électronique n’a jamais été aussi bien distillée que maintenant grâce aux nouvelles technologies et aux moyens de communication actuels mais il faut se méfier du revers de la médaille… Concernant les soirées, un monopole est en train de s’établir avec de grosses structures qui imposent leur vision artistique et leur propre concept. C’est certes impressionnant mais on s’éloigne petit a petit du coté véritable de la fête pour laisser place à de gigantesques usines. C’est pourquoi j’ai plus confiance en les petites structures qui font les choses avec passion.

Quant au retour du disque, la génération actuelle n’a pas vraiment connu le vinyle mais vu que tout est cyclique et question de mode… Le vinyle suscite un engouement, ce qui est vraiment cool, mais je ne pense pas que cela va durer. Il faut laisser les choses évoluer et selon moi, le numérique étant bien installé, il est loin de se faire détrôner.

Chez WATM, on adore ton track Pose sorti sur Skryptöm. Planant, presque mélancolique mais surtout puissant. Comment et dans quel état d’esprit l’as-tu composé ?

Paul :  Merci ! Difficile de revenir sur cet état d’esprit a ce moment là… Je me souviens avoir envoyé la première version à Antoine. Son avis était bon toutefois il m’a dit que je pouvais faire mieux. Par conséquent, j’ai refait la partie rythmique en l’épurant au maximum, ce qui a donné la version actuelle que vous connaissez. Quand je commence une boucle, je ne connais jamais la direction que cela va prendre. Les sonorités germent rapidement dans ma tête mais si je ne le sens pas je stoppe tout et recommence. L’important, c’est d’être à l’aise avec sa configuration pour pouvoir donner vie à ses idées avant de les perdre.

Quels sont tes projets pour l’avenir ?

Paul :  En 2015, j’ai voulu séparer mon côté très techno de mon côté plus mélodieux sur un side-project appelé Nazca. Pour le moment, je travaille avec Sian et son label Anemone. Une deuxième sortie est prévue en début d’année prochaine… Un de mes autres projets est également d’upgrader mon home studio ! [Rires] Les gens qui me connaissent savent à quel point c’est important pour moi !

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Pas d’album en prévision ?

Paul :  Il y a deux an j’ai travaillé sur un projet d’album mais je n’ai malheureusement pas réussi à le sortir… J’espère pouvoir l’année prochaine ! Actuellement, je me concentre sur le format maxi en essayant d‘avoir une cadence de production assez soutenue car les labels sont très pointilleux de nos jours. A l’heure actuelle, quand tu te présentes avec une démo de dix titres, seul un track est retenu. Il faut alors être trois plus productif pour satisfaire un label.

Le 7 novembre, tu te produis chez nous à Nancy à L’Ostra Club en compagnie de Cari Lekebusch. Le Funktion-One trépigne d’impatience et nous aussi à vrai dire… Tu t’es déjà produit en Lorraine ?

Paul : Oui, une de mes premières dates en tant que DJ était au Terminal Export en 2001 il me semble. Il y en a eu d’autres par la suite mais difficile d’énumérer tous les lieux… Les gérants de L’Ostra Club, Charlène et Manu, sont des personnes en qui je fais 100% confiance. Ils travaillent dur pour en arriver là. Ça ce sont des « vrais » comme je dis souvent ! [Rires] Tout ce qu’ils font, ils le font avec le cœur et ça, c’est important. Le résultat est là et je suis avec eux depuis bien longtemps car ils le méritent. Voilà un lieu qu’il faut soutenir ! Je les remercie de m’inviter à nouveau au sein de leur club.

Voilà qui est clair et précis ! A bientôt derrière les platines de L’Ostra Club et merci à toi pour ces quelques paroles échangées !

Merci a vous de m’avoir accordé cet interview !

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